Création de site web

Refonte de site web : comment ne pas perdre votre référencement

Un site web en reconstruction relié à un repère de localisation protégé par un bouclier, symbole d'un référencement préservé
Image de Rémy Alain

Rémy Alain

Fondateur Webananas

Sommaire

En bref : non, refaire son site web ne fait pas perdre son référencement à coup sûr, à condition de préparer la bascule.

Les pertes de trafic viennent le plus souvent des mêmes causes : des adresses (URL) qui changent sans redirection, des pages supprimées sans plan, des réglages oubliés à la mise en ligne, ou un site plus lent qu’avant.

La méthode tient en six étapes : inventorier les pages qui comptent, fixer des objectifs mesurables, décider page par page, rediriger en 301, tester avant la mise en ligne, puis surveiller dans la Search Console.

Ce guide détaille chaque étape et montre comment nous l’avons appliquée sur trois projets à La Réunion, dont un où nous avons déconseillé la refonte.

Pourquoi une refonte peut faire perdre du trafic

Google classe un site page par page, à partir de l’adresse de chaque page (son URL), de son contenu et des liens qui pointent vers elle. Refaire un site, c’est modifier tout ou partie de ces éléments. Le référencement se perd lorsque l’ancien site et le nouveau ne se retrouvent plus : Google et vos visiteurs cherchent une page qui n’existe plus à cet endroit.

Cinq causes reviennent le plus souvent :

  • Des URL qui changent sans redirection : l’ancienne adresse affiche une erreur 404, et le classement qu’elle avait construit est perdu.
  • Des pages supprimées sans plan : une page qui attirait des visites depuis Google disparaît parce qu’elle semblait secondaire sur le papier.
  • Des titres et des textes réécrits à l’aveugle : ce qui portait un bon classement est remplacé sans que personne ait regardé ce qui fonctionnait.
  • Un réglage de préproduction oublié : pendant la construction, le nouveau site est masqué aux moteurs de recherche (réglage « noindex »). S’il reste masqué à la mise en ligne, Google ne l’indexe pas.
  • Un site plus lent ou moins bien adapté au mobile après la bascule, alors que la refonte devait justement l’améliorer.

Ces cinq pièges sont évitables. Surtout, ils se vérifient avant la mise en ligne, pas après.

La méthodologie de refonte pour préserver son référencement

1. Inventorier

Lister les URL et repérer celles qui reçoivent des visites et des liens.

2. Mesurer

Relever l'état de départ : clics, impressions, pages indexées, vitesse.

3. Trier

Décider page par page : conserver, fusionner ou supprimer.

4. Rediriger

Renvoyer chaque ancienne URL vers son équivalent en redirection 301.

5. Tester

Vérifier redirections, noindex, balises, erreurs 404, HTTPS et mobile avant la bascule.

6. Surveiller

Suivre l'indexation et les clics dans la Search Console, puis comparer.

Voici la méthode que nous appliquons, dans l’ordre. Chaque étape protège contre l’une des causes décrites plus haut.

  1. Inventorier les pages qui comptent : avant de toucher à quoi que ce soit, on liste toutes les URL du site actuel et on repère celles qui reçoivent des visites depuis Google (export de la Search Console) ou des liens d’autres sites. Ce sont les pages à protéger en priorité.
  2. Fixer des objectifs mesurables. On relève l’état de départ : clics et impressions dans Google, pages indexées, temps d’affichage, demandes reçues. Sans point de départ, impossible de savoir si la refonte a aidé ou fait perdre.
  3. Décider page par page : conserver, fusionner ou supprimer. Une page qui se classe bien garde son adresse et l’essentiel de son contenu. Deux pages qui se concurrencent peuvent fusionner. Une page vraiment obsolète peut disparaître, mais par décision, jamais par oubli.
  4. Construire le plan de redirections 301 : chaque ancienne URL conservée dans le tri renvoie vers la page équivalente du nouveau site avec une redirection 301, qui signale à Google un déménagement définitif. On évite les chaînes de redirections (A vers B vers C), plus lentes et moins bien suivies.
  5. Tester avant la bascule : sur une version de test : les redirections fonctionnent, le réglage « noindex » est retiré, les titres et descriptions sont en place, il n’y a pas d’erreur 404, le site est en HTTPS et s’affiche vite sur mobile.
  6. Basculer, puis surveiller : après la mise en ligne, on transmet le plan du site (sitemap) à la Search Console, puis on suit l’indexation, les erreurs d’exploration et les clics, en les comparant à l’état de départ.

 

Exemple de plan de redirections (fictif, à adapter à chaque site) :

Ancienne URL Décision Nouvelle URL
/nos-services/plomberie.html Conservée, adresse simplifiée /plomberie/ (redirection 301)
/promo-ete-2019/ Fusionnée avec la page des offres /offres/ (redirection 301)
/contact.php Conservée /contact/ (redirection 301)
/ancien-blog/article-sans-visite/ Supprimée (aucun trafic, aucun lien) Aucune redirection, suppression volontaire

Sur la durée des redirections, la documentation de Google sur les migrations de site avec changement d’URL recommande de les conserver aussi longtemps que possible, en général au moins un an, pour laisser à Google le temps de transférer tous les signaux vers les nouvelles adresses.

Refonte partielle ou totale : quel risque pour le référencement ?

Risque faible

Les URL ne bougent pas : hébergement, performances, correction technique.
Exemple : La Caz à Pêche

Risque moyen

Le design et la structure des pages changent : refonte graphique, réorganisation.
Exemple : Vélopéï

Risque élevé

Nouveau nom, domaine ou offre : redirection de l'ancien domaine, fiche Google, citations tierces.
Exemple : Cabane Bambou

Le risque dépend moins de l’ampleur du chantier que de ce qui change réellement. Google traite d’ailleurs séparément les migrations sans changement d’URL et celles avec changement d’URL. On peut distinguer trois niveaux :

  • Risque faible : les URL ne bougent pas. Changement d’hébergement, optimisation des performances, correction technique. Il faut surtout surveiller la disponibilité et la vitesse.
  • Risque moyen : le design et la structure des pages changent. Refonte graphique, réorganisation du contenu. Tout dépend des adresses, des titres et des textes conservés.
  • Risque élevé : nouveau nom, nouveau domaine ou nouvelle offre. Il faut une redirection de l’ancien domaine vers le nouveau, page par page, et penser à tout ce qui cite l’ancien nom (fiche Google, annuaires, réseaux sociaux).

Pour savoir si votre site a besoin d’être refait ou simplement optimisé, consultez notre page refonte de site internet à La Réunion, qui détaille les signaux d’alerte et propose un outil d’auto-diagnostic.

Trois projets réunionnais, trois niveaux de risque

La théorie ne suffit pas. Voici trois projets que nous avons menés, du plus technique au plus délicat pour le référencement.

La Caz à Pêche : régler un problème technique sans toucher aux URL

Le contexte : cette boutique en ligne de matériel de pêche, qui compte 800 produits, souffrait d’un site lent et souvent indisponible.

Ce qui a été fait : un chantier avant tout technique, avec la migration de l’hébergement d’OVH vers o2switch, l’optimisation de l’hébergeur et des synchronisations avec l’ERP Atoonext, et l’amélioration des performances d’affichage.

Ce qui a protégé le référencement : les URL des produits sont restées strictement identiques. Seules certaines catégories ont été désactivées, avec une redirection 301 vers les nouvelles catégories.

Le résultat : le taux de disponibilité du site est passé de 60 % à 99,9 %, et le chiffre d’affaires e-commerce a été multiplié par 6 en deux ans après la refonte. Ce chiffre porte sur l’ensemble du projet (fiabilité, performances, catalogue), pas sur le seul référencement. Le suivi se poursuit dans le cadre de la maintenance.

Côté vitesse, la page d’accueil obtient aujourd’hui 99 sur mobile et 100 sur ordinateur au test PageSpeed Insights.

Résultats PageSpeed Insights de La Caz à Pêche : 100 sur ordinateur et 99 sur mobile
Test PageSpeed Insights de la page d'accueil de La Caz à Pêche, sur ordinateur et sur mobile (septembre 2026).

Voir la réalisation La Caz à Pêche.

À retenir : quand les URL ne bougent pas, le risque pour le référencement est faible : on surveille surtout la disponibilité et la vitesse.

Vélopéï : changer l’image sans changer la structure

Le contexte : pour ce site vitrine d’une activité insolite, la refonte a surtout été graphique.

Ce qui a protégé le référencement : les URL ont été conservées. Les anciennes fiches produits ont été désactivées et redirigées vers la page d’accueil, qui concentre désormais toutes les informations. Ce n’est pas la règle par défaut (on redirige d’abord vers la page équivalente), mais ici l’accueil tenait précisément ce rôle.

Le résultat : le client constate une meilleure compréhension des offres et moins de frictions à la réservation, que ce soit par le formulaire ou par téléphone.

Côté technique, la page d’accueil s’affiche en moins de 3 secondes sur ordinateur comme sur mobile, avec une disponibilité de 99,9 %. L’hébergement d’origine du client (OVH) a été conservé, sans migration.

Page d'accueil du site Vélopéï affichée sur ordinateur portable et sur mobile
Le site Vélopéï après la refonte graphique, en version ordinateur et mobile.

Voir la réalisation Vélopéï.

À retenir : une refonte graphique peut se faire à structure constante : le design change, les adresses non.

Cabane Bambou : savoir ne pas refaire

Le contexte : c’est le cas où le risque était le plus élevé, avec une reprise d’activité, un changement de nom et de services. Le client disposait d’un ancien site, « Des cabanes sur une île », un WordPress développé sur mesure par un prestataire qui en gérait aussi l’hébergement, avec des licences annuelles à payer.

La décision : nous avons comparé les coûts, entre refondre l’existant puis payer une maintenance préventive mensuelle pour ajuster les petits contenus et assurer le support, ou construire un nouveau site. Repartir de zéro revenait moins cher. Nous avons donc recommandé un nouveau site plutôt qu’une refonte.

Ce qui a été protégé : l’ancien domaine et ses URL ont été redirigés vers le nouveau site, puis l’ancien site a été fermé. Sur Google, nous n’avons pas créé de nouvelle fiche d’établissement : nous avons modifié la fiche existante (nom, description, photos, contact et lien vers le site), qui a ainsi gardé son ancienneté et ses avis.

Le point de vigilance est la période de transition : tant que le site, les réseaux sociaux, les annuaires et les sites qui citent l’entreprise n’annoncent pas tous le même nom, la marque prête à confusion. Le nouveau site, la fiche Google et les principaux profils sont à jour. Certains annuaires et sites tiers affichent encore l’ancien nom : ce rattrapage se poursuit.

Une précaution valable pour ce type de projet : une redirection depuis un ancien domaine ne fonctionne que tant que ce domaine reste renouvelé et que la règle de redirection est hébergée chez vous, et non chez l’ancien prestataire.

Un nouveau site ne suffit pas : le travail se fait aussi hors du site

La capture ci-dessous montre une recherche Google sur l’ancien nom de l’établissement. Côté positif : la fiche Google affiche le nouveau nom, avec ses 63 avis conservés, le nouveau site apparaît parmi les trois premiers résultats, et Tripadvisor a déjà signalé le changement de nom. En revanche, le premier résultat reste la fiche de l’office de tourisme, qui utilise encore l’ancien nom, et d’autres annuaires font de même plus bas dans les résultats. Changer de nom ne se limite donc pas au site.

Résultats Google pour une recherche sur l'ancien nom Des cabanes sur une île : fiche Google Bambou avec 63 avis, site cabanebambou.re et fiche de l'office de tourisme
Recherche Google sur l'ancien nom, observée le 24/09/2026. La fiche Google et le nouveau site apparaissent, mais l'office de tourisme cite encore l'ancien nom.

Le chantier hors site, en quatre temps :

  1. Inventorier tous les endroits où l’ancien nom apparaît : annuaires, plateformes d’avis, office de tourisme, réseaux sociaux, presse.
  2. Prioriser les plus visibles dans Google.
  3. Demander la correction à chaque propriétaire, en fournissant le nouveau nom, l’adresse du site, les nouveaux services et les nouveaux tarifs.
  4. Refaire le point régulièrement : ces mises à jour dépendent de tiers et prennent du temps. Pendant ce temps, la redirection de l’ancien domaine reste en place.

Voir la réalisation Cabane Bambou.

À retenir : un changement de nom se prépare comme un déménagement : il faut protéger le site, la fiche Google et toutes les citations qui utilisent l’ancien nom.

En résumé :

ProjetNature du projetRisque pour le référencementCe qui a été protégé
La Caz à PêcheMigration d’hébergement et optimisation technique (boutique de 800 produits)FaibleURL des produits identiques, redirections 301 des catégories désactivées
VélopéïRefonte graphique d’un site vitrineMoyenURL conservées, anciennes fiches redirigées vers l’accueil
Cabane BambouReprise d’activité avec nouveau nom et nouveau siteÉlevéRedirection de l’ancien domaine et de ses URL, fiche Google conservée avec son ancienneté et ses avis

Les erreurs qui coûtent cher

Au-delà de la méthode, voici les erreurs que l’on voit le plus souvent lors d’une refonte :

  • Changer les URL « pour faire propre » alors que les anciennes se classaient.
  • Rediriger toutes les anciennes pages vers l’accueil sans distinction, au lieu de viser la page équivalente.
  • Oublier de retirer le « noindex » posé pendant la construction.
  • Le syndrome du « tant qu’on y est ». Changer en même temps le design, la structure, les textes et le nom de domaine : en cas de baisse, impossible de savoir laquelle de ces modifications en est la cause.
  • Couper les redirections trop tôt, ou laisser expirer l’ancien domaine.
  • Ne rien mesurer avant de commencer. Sans état de départ, aucune comparaison honnête n’est possible.

Budget et délais : à quoi s'attendre

Le budget et le délai d’une refonte dépendent de l’ampleur du chantier : nombre de pages, site vitrine ou e-commerce, contenus à rédiger, migration technique éventuelle. Le plan de redirections, les tests avant bascule et le suivi dans la Search Console ne sont pas des options : ils font partie d’une refonte bien menée, et votre référencement est suivi avant, pendant et après la bascule. Le détail des tarifs et du déroulé figure sur notre page refonte de site internet à La Réunion.

Après la mise en ligne, un site qui n’est plus entretenu se dégrade : mises à jour, sauvegardes et surveillance protègent votre investissement. C’est le rôle de la maintenance WordPress. Pour en connaître les prix, consultez notre guide sur le tarif de la maintenance WordPress à La Réunion.

Vous ne savez pas si votre site doit être refait ou simplement optimisé ? Testez-le avec l’outil d’auto-diagnostic, ou demandez un diagnostic gratuit.

Questions fréquentes sur la refonte et le référencement

Pas obligatoirement. Une baisse temporaire peut survenir le temps que Google explore le nouveau site, surtout si les URL changent. Elle reste limitée quand les pages qui se classent sont conservées, que les redirections 301 sont en place et que la mise en ligne est suivie dans la Search Console. Aucune méthode ne peut garantir un résultat : c’est pourquoi le suivi avant, pendant et après la bascule fait partie de notre accompagnement.

Toutes celles qui ont une page équivalente, qui reçoivent du trafic ou qui ont des liens vers elles doivent être redirigées en 301 vers la page la plus proche. Une page sans équivalent, sans trafic et sans lien peut être supprimée, mais c’est une décision prise consciemment, pas un oubli. Il vaut mieux éviter d’envoyer toutes les anciennes pages vers l’accueil.

Changer de CMS n’est pas un problème en soi tant que les URL sont conservées ou redirigées. Le changement de nom de domaine est plus délicat : il demande des redirections 301 page par page et, dans la Search Console, l’outil de changement d’adresse proposé par Google pour les déménagements de domaine.

Le rapport d’indexation des pages (pages non indexées, erreurs 404), les clics et impressions comparés à l’état de départ, la prise en compte du sitemap, et la vitesse d’affichage. Ces vérifications se font de façon régulière pendant les semaines qui suivent la bascule.

Nous ne donnons pas de durée fixe : elle varie selon la taille du site, le nombre d’URL modifiées et la fréquence à laquelle Google explore votre site. Ce qui ne varie pas, c’est la règle de prudence : conserver les redirections en place au moins un an, comme le recommande Google.

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